La traversée de l’Atlantique (2)

Cet article est en attente depuis 2 mois, je m’excuse platement de vous avoir fait languire avec la suite de nos aventures mais c’est que, voyez-vous, je ne dormais pas. En tout cas, pas suffisamment  pour reprendre le clavier. C’est terrible, le manque de sommeil. Je sais, j’ai encore le cerveau dedans… Allez, je vous raconte la suite de notre périple.

Où en étions-nous…??

Ah oui, il était 10h et nous embarquions dans un Airbus en direction de Boston, avec un Homme Ombre de lui-même et deux enfants (très) petits.

10h40 – Décollage. Le Poo s’endort. La Puce se réveille.

11h20 – Le Poo se réveille, rafraichit, revigoré même, par sa sieste éclaire (insérer des sanglots).

Les heures qui suivirent ne sont plus que brouillard dans ma mémoire. L’Homme s’est remis peu à peu de son malaise et on s’est échangé les enfants pendant les sept heures qui ont suivies: Nous avons passé sept heures debout donc. J’ai même le souvenir un peu flou d’avoir porté le Poo dans l’Ergobaby tandis que la Puce était dans l’écharpe sur le ventre de son papa et que nous nous croisions dans l’allée devant les toilettes (glamour, glamour…). Ca n’a pas pris, hein. L’enfant premier est resté bien éveillé.

12h20 (heure locale) – Atterrissage à Boston. A ce stade, l’Homme et moi alternions entre des phases de zombies totales, genre j’ai mal au sommeil, et des phases de « Non, mais en fait, ça va, je gère super bien, là, t’as vu ». On a profité de la deuxième phase pour trouver le bus en partance pour Woods Hole (vert, le bus, bien repérable par un Poo, donc).

13h30 – Dans le bus. « Il a 3 ans, il n’a dormi que 4h dans les dernières 24h, le bus, ça va l’achever, c’est clair! ». Alors, non. Sa mère, par contre, elle, oui, ça l’a achevé, le bus.

15h30 – Arrivée à Woods Hole. On va prendre le ferry!!! On y est presque!!! J’aperçois même un lit dans le lointain…

16h – Ferry. J’avoue, moi, là, j’ai baissé les armes. Je me suis réfugiée à l’intérieur, la Puce dans l’écharpe (l’excuse ultime: « Non, mais je peux pas rester dehors à découvrir le bateau avec le Poo, il y a trop de vent, là, tu vois. »). Merci Chéri.

 

16h45 – Nous arrivons à Martha’s Vineyard. PLUS QUE 45 minutes de voiture, oui, oui, vous avez bien lu. Là, merci à ma Belle-Mère, qui est venue nous déposer sa voiture à l’embarcadère pour qu’on puisse partir tout de suite, et accessoirement ALLER SE COUCHER (il est 15h). Le Poo ayant enregistré dans sa petite tête blonde que la voiture de Nana était la dernière ligne droite, pour lui, je crois, ça y est, on y était. La tête à peine posée dans le siège auto, il dormait déjà.

17h45 – ON Y EST!!! Reste plus qu’à faire les lits et à se jeter dedans!!

La suite du séjour fut sportif… Entre le décalage horaire de la première semaine, la roséole de la Puce la deuxième semaine, sa toux qui nous a valu un appel à notre pédiatre en France et du CELESTENE (Oui, oui, rebelote) la troisième semaine, nos nuits ont vaguement commencé à ressembler à quelque chose quelques jours avant le départ. Avant, donc, qu’on ne leur remette 7 heures de décalage horaire dans la tête…

Juste pour le fun, comme disent les canadiens, le lit improvisé de la Puce: Un tiroir de commode posé sur 2 chaises. On a fait ça partout pendant notre voyage, ça a bien fonctionné!

Ceci mis à part, on en a vraiment bien profité, et surtout, le Poo s’est éclaté.

Et pour ce qui est de son anglais, il comprenait tout, mais a continué à répondre en français quasiment jusqu’à notre retour. Par contre, une fois à la maison, il était totalement bilingue (Ô joie!). Il jouait seul en anglais, avait des conversations avec nous… Son vocabulaire est plus pauvre qu’en français, mais les phrases sont construites et il continue de parler anglais encore aujourd’hui, quelques mois après notre retour.

J’aime #2

Bonjour et beau matin ensoleillé!

Je suis à la campagne depuis le début de la semaine et juste ça, déjà, j’aime! Que mon Poo puisse, au saut du lit, en pyjama, aller gambader dans l’herbe et patouiller dans la terre (avec son grand-père qui plus est, pendant que je… DORS, oui, oui, vous avez bien lu!), c’est juste le bonheur. Bien évidemment, le fait qu’il fasse depuis hier un temps qui ferait pâlir le mois de mai d’envie n’y est pas pour rien, mais quand même. Juste la campagne, même sous la pluie, c’est déjà bon.

J’aime nos balades bi-quotidiennes, sur les chemins, dans les champs, et encore plus dans la forêt. J’adore être en forêt. Ce sentiment de protection que me procure les arbres est précieux. Et puis je crois que la forêt donne un petit côté aventureux à n’importe quelle sortie, qui n’est pas pour déplaire à la petite fille en moi!

J’aime les couleurs du moment. Le jaune du colza qui s’imprime dans la rétine comme un deuxième soleil et tout ce vert autour de moi.

J’aime voir ma puce grandir, se dénouer sous mes yeux. Ma chenille qui devient papillon. Elle se tend, s’étend, attrape, nous suit des yeux… Et ce sourire! Elle a une façon de plisser les yeux et de remonter les épaules en même temps qu’elle m’adresse un sourire éclatant qui me donne l’impression qu’elle vient de me  raconter une bonne blague et qu’on partage un moment de complicité incroyable.

J’aime les boums du matin avec mon Poo, la musique presque trop fort, les grands yeux de la Puce qui nous regarde, très concentrée, nous déhancher sur des rocks endiablés. Mon fils m’a demandé la dernière fois de « chanter la chanson de la clock » (« Rock around the clock » de Bill Haley and his comets), j’adore. Bon, c’est moins funky quand c’est lui qui choisit la musique et qu’on fait la ronde à deux sur « Le pont d’Avignon », mais l’idée est là…

Je vous laisse en musique justement, avec ce morceau que j’aime particulièrement: Jolene – de Mindy Smith (Reprise de Dolly Parton)

 

 

Le bilinguisme chez nous

Bonjour, bonjour!

En cette belle journée, je voudrais aborder le sujet du bilinguisme. Je voulais commencer soft, léger, mais je crois que ça va se finir en pavé, cette histoire.

Mais commençons par le commencement…

Mon Homme est franco-américain, né en France de mère américaine qui lui a toujours parlé anglais. Il a émigré aux Etats-Unis vers 20 ans et a vécu 12 ans à New-York avant de rentrer en France. Il est donc parfaitement bilingue.

De mon côté, j’ai vécu en tout six ans aux Etats-Unis, je me considère bilingue, même si je cherche encore mes mots dans des conversations plus intellectuelles, qui sortent du quotidien.

Fin de l’historique familial, venons-en au fait.

Le Poo est né et après de nombreuses lectures et reflexions, nous avons décidé que l’Homme lui parlerait anglais et moi français. Comme ce n’est pas toujours évident pour l’Homme, de parler français avec tout le monde puis de passer à l’anglais avec son fils, nous essayons au maximum de parler anglais entre nous (et puis, ça me fait pas de mal, hein…).

Le Poo aura 3 ans début juin, il s’exprime très bien en français (pour son âge, hein!) et comprend parfaitement son papa. Il lui répond majoritairement en français, même si certains mots anglais se glissent ici et là. Je pense que si nous allions passer quelques semaines en milieu anglophone, il se mettrait à parler anglais assez rapidement.

(Petite parenthèse ici pour partager avec vous une info qui m’avait surprise lors de nos recherches sur le bilinguisme: Afin que la deuxième langue ne soit pas connotée négativement dans la tête de l’enfant – genre j’ai un peu honte, il n’y a que mon papa qui parle comme ça, je ne veux pas –  il est important qu’il l’entende parler par d’autres. Jusqu’ici, rien de révolutionnaire et avec l’anglais, on a beaucoup de chance. Mais je me suis rendue compte que mes parents par exemple, qui parlent un anglais scolaire, ne s’autorisaient pas à lire des livres anglophones au Poo de peur de lui transmettre un mauvais accent. Je les ai incité à le faire quand même, leur expliquant que pour mon fils, de voir ses grand-parents faire une effort dans la langue de son papa renforçait la légitimité de cette deuxième langue. Résultat, aujourd’hui, il leur demande des livres en anglais et il corrige leur prononciation. Pas de risque donc que ce soient eux qui influencent son accent!)

Ceci étant dit, je voulais faire un petit récapitulatif ici des outils qui nous ont aidé dans cette démarche, sachant que je ne liste ici que ce qui m’a marqué, donc qui a été lu et relu, écouté et réécouté…

Livres:

  • « The wheels on the bus ». L’un des premiers « vrais » livres lus avec le Poo. Grand succès. Peut fonctionner avec des non anglophones.
  • « Five little monkeys jumping on the bed » – Eileen Christelow. Il existe une comptine du même titre. Peut fonctionner avec des non anglophones.
  • « Cars and trucks and things that go » – Richard Scarry. On a commencé à le lire avec lui quand il avait un an je pense. Enorme succès. Il y a plusieurs niveau de lecture et il le lit encore aujourd’hui avec plaisir (il aura 3 ans début juin). Peut fonctionner avec des non anglophones.
  • « From head to toe » – Eric Carle Peut fonctionner avec des non anglophones.
  • « We’re going on a bear hunt » – Michael Rosen. Grand classique, grand succès. Ne ratez pas la lecture par l’auteur sur you tube.
  • « First 100 machines » aux éditions Bright Baby – Le Poo est fan de camions et autres engins de construction. Selon l’intérêt de votre enfant, vous trouverez forcément un « First 100… » dans cette édition! Peut fonctionner avec des non anglophones.

  • « Good night gorilla » – Peggy Rathmann – Livre sans texte mais pas mal d’implicite, à partir de 2 ans 1/2, 3 ans.
  • « Owl babies » de Martin Waddell
  • « Stand back », said the elephant, « I’m going to sneeze! » – Patricia Thomas. Excellent! Un peu tôt pour le Poo, je dirais 3 ans et plus.
  • « The color monster » – Ana Llenas. Excellent livre pop up autour des émotions. Je suis d’ailleurs tombé sur cet article présentant la version française, si ce thème vous intéresse.
  • Les contes classiques – The little red hen, Goldilocks, The three little pigs…

  • L’homme a acheté sur l’Internet une série de « vieux » magazines pour enfant: Babybug (6 mois-3 ans). C’est très poétique, avec une petite histoire au début, à la Popi. Le Poo aime beaucoup. Le magazine devient Ladybug pour les plus de 3ans.

Livres CD:

  • La série des « Brown bear » lus par Gwyneth Paltrow. On trouve assez facilement le 1er en librairie « Brown bear, brown bear, what do you see? ». Grand succès à la maison. A partir de 18 mois.
  • « Duck on a bike ». 2 ans 1/2, pour anglophone. Grand succès aussi.

Chansons:

  • The ants go marching
  • The wheels on the bus
  • The grand old Duke of York
  • Old MacDonald had a farm

Autres ressources:

  • L’homme a trouvé un groupe anglophone sur Lyon: English Speaking Families Group. Un « rassemblement » a lieu tous les 15 jours pendant 2h , uniquement organisé par les parents. On chante, on lit des histoires. C’est une très bonne motivation pour nous.
  • La famille américaine bien sûr, et face time!

Voilà pour chez nous! Et chez vous, ça se passe comment? N’hésitez pas à partager vos ressources, je suis preneuse!

Elodie

(Petit parenthèse finale sur le bilinguisme. La définition de wikipédia est la suivante: capacité du locuteur d’alterner entre deux langues selon des besoins de contexte sociologique où deux langues sont couramment utilisées sur un même territoire. Il s’avère que tout bilingue a une langue forte selon le lieu où il se trouve et la langue qui y est parlée. Mon Homme, par exemple, est francophone en France, il doit faire un effort conscient pour passer à l’anglais. A l’inverse, il est anglophone aux Etats-Unis, il devra là aussi faire un effort conscient pour passer au français. En gros, je pensais qu’un bilingue pouvait naviguer à sa guise entre deux langues, je découvre qu’il faut quand même faire un effort conscient pour passer d’une langue à l’autre, dans le cas où l’on est celui qui amorce la conversation ( ce sera plus facile si l’on est seulement le « répondant »).

Il ne faut pas non plus confondre le bilinguisme et le biculturalisme, qui est la maîtrise de deux cultures différentes. Je me considère par exemple quasiment bilingue, mais je ne maitrise pas totalement, et de loin, la culture américaine. Fin de la parenthèse…)