Et si on n’est pas bilingue?

Bonjour, bonjour!

Dans mon dernier article, je parlais du bilinguisme. Mais si on n’est pas bilingue, ou juste un peu, on fait comment? On m’a plusieurs fois demander des ressources pour éveiller les enfants petits à une autre langue, je m’en vais donc en parler ici, mélangeant mes connaissances d’instit et de maman.

Tout d’abord, vous pouvez commencer aussi tôt que vous le sentez. L’idée, dans un premier temps, est d’ouvrir l’oreille de nos tout petits. Nous naissons tous avec la capacité de parler toutes les langues et donc de distinguer tous les sons, mais cette capacité se perd assez rapidement si elle n’est pas travaillée, sollicitée. Résultat, adultes, nous n’entendons plus un grand nombre de sons. J’ai un souvenir cuisant d’une conversation avec mon Homme, qui essayait de m’apprendre à prononcer correctement le mot « open ». Je ne comprenais pas où était le problème, je n’ENTENDAIS pas la différence entre ce qu’il disait et ce que je disais. Très frustrant. Bref.

Pour leur garder l’oreille ouverte, donc, n’hésitez pas à leur chanter des chansons, comptines dans la langue, les langues qui vous attirent.

Voici une petite liste en anglais, très très loin d’être exhaustive:

  • The wheels on the bus est un grand classique qu’on peut accompagner de gestes, ce qui est toujours un plus,
  • The itsy bitsy spider marche bien aussi,
  • If you’re happy and you know it,
  • head, shoulders, knees and toes quand ils sont plus grands,
  • Twinkle, twinkle little star

Pour ce qui est des livres, je vous conseille des ouvrages avec des structures langagières très répétitives et qui aborde un vocabulaire spécifique. Dans « Brown bear, brown bear, what do you see? » d’Eric Carle par exemple, chaque page présente un animal et une couleur autour de cette structure: « Brown bear, brown bear, what do you see? I see a red bird looking at me. / Red bird, red bird, what do you see? I see a yellow duck looking at me. » Ce qui fait qu’une fois enregistrée la structure « what do you see? / I see… looking at me. », il reste le vocabulaire des animaux et des couleurs.

La série des « Spot » d’Eric Hill est aussi très intéressante. On a beaucoup lu celui-ci avec le Poo quand il était petit et il avait aussi bien fonctionné dans ma classe de CE1 (aucune notion d’anglais). J’aime beaucoup les livres de Sandra Boynton, « Are you a cow? » est plus abordable que « Barnyard dance ».

Il y a aussi tous les imagiers. Sur la photo, « Touch and feel baby animals », la collection « bright baby » est bien et la série des « my first 100 » (words, machine, animals…) aussi.

L’autre conseil que je peux vous donner, surtout si vous ne vous sentez pas bien sûr de vous, c’est d’utiliser des livres CD. Il en existe plein dans le commerce avec des comptines et chansons, et pour ce qui est des livres,  j’ai déjà parlé de la série des « Brown bear » justement, lus par Gwyneth Paltrow.

N’hésitez pas à partager vos ressources ou à me poser des questions!

Bon week-end!

Elodie

Le bilinguisme chez nous

Bonjour, bonjour!

En cette belle journée, je voudrais aborder le sujet du bilinguisme. Je voulais commencer soft, léger, mais je crois que ça va se finir en pavé, cette histoire.

Mais commençons par le commencement…

Mon Homme est franco-américain, né en France de mère américaine qui lui a toujours parlé anglais. Il a émigré aux Etats-Unis vers 20 ans et a vécu 12 ans à New-York avant de rentrer en France. Il est donc parfaitement bilingue.

De mon côté, j’ai vécu en tout six ans aux Etats-Unis, je me considère bilingue, même si je cherche encore mes mots dans des conversations plus intellectuelles, qui sortent du quotidien.

Fin de l’historique familial, venons-en au fait.

Le Poo est né et après de nombreuses lectures et reflexions, nous avons décidé que l’Homme lui parlerait anglais et moi français. Comme ce n’est pas toujours évident pour l’Homme, de parler français avec tout le monde puis de passer à l’anglais avec son fils, nous essayons au maximum de parler anglais entre nous (et puis, ça me fait pas de mal, hein…).

Le Poo aura 3 ans début juin, il s’exprime très bien en français (pour son âge, hein!) et comprend parfaitement son papa. Il lui répond majoritairement en français, même si certains mots anglais se glissent ici et là. Je pense que si nous allions passer quelques semaines en milieu anglophone, il se mettrait à parler anglais assez rapidement.

(Petite parenthèse ici pour partager avec vous une info qui m’avait surprise lors de nos recherches sur le bilinguisme: Afin que la deuxième langue ne soit pas connotée négativement dans la tête de l’enfant – genre j’ai un peu honte, il n’y a que mon papa qui parle comme ça, je ne veux pas –  il est important qu’il l’entende parler par d’autres. Jusqu’ici, rien de révolutionnaire et avec l’anglais, on a beaucoup de chance. Mais je me suis rendue compte que mes parents par exemple, qui parlent un anglais scolaire, ne s’autorisaient pas à lire des livres anglophones au Poo de peur de lui transmettre un mauvais accent. Je les ai incité à le faire quand même, leur expliquant que pour mon fils, de voir ses grand-parents faire une effort dans la langue de son papa renforçait la légitimité de cette deuxième langue. Résultat, aujourd’hui, il leur demande des livres en anglais et il corrige leur prononciation. Pas de risque donc que ce soient eux qui influencent son accent!)

Ceci étant dit, je voulais faire un petit récapitulatif ici des outils qui nous ont aidé dans cette démarche, sachant que je ne liste ici que ce qui m’a marqué, donc qui a été lu et relu, écouté et réécouté…

Livres:

  • « The wheels on the bus ». L’un des premiers « vrais » livres lus avec le Poo. Grand succès. Peut fonctionner avec des non anglophones.
  • « Five little monkeys jumping on the bed » – Eileen Christelow. Il existe une comptine du même titre. Peut fonctionner avec des non anglophones.
  • « Cars and trucks and things that go » – Richard Scarry. On a commencé à le lire avec lui quand il avait un an je pense. Enorme succès. Il y a plusieurs niveau de lecture et il le lit encore aujourd’hui avec plaisir (il aura 3 ans début juin). Peut fonctionner avec des non anglophones.
  • « From head to toe » – Eric Carle Peut fonctionner avec des non anglophones.
  • « We’re going on a bear hunt » – Michael Rosen. Grand classique, grand succès. Ne ratez pas la lecture par l’auteur sur you tube.
  • « First 100 machines » aux éditions Bright Baby – Le Poo est fan de camions et autres engins de construction. Selon l’intérêt de votre enfant, vous trouverez forcément un « First 100… » dans cette édition! Peut fonctionner avec des non anglophones.

  • « Good night gorilla » – Peggy Rathmann – Livre sans texte mais pas mal d’implicite, à partir de 2 ans 1/2, 3 ans.
  • « Owl babies » de Martin Waddell
  • « Stand back », said the elephant, « I’m going to sneeze! » – Patricia Thomas. Excellent! Un peu tôt pour le Poo, je dirais 3 ans et plus.
  • « The color monster » – Ana Llenas. Excellent livre pop up autour des émotions. Je suis d’ailleurs tombé sur cet article présentant la version française, si ce thème vous intéresse.
  • Les contes classiques – The little red hen, Goldilocks, The three little pigs…

  • L’homme a acheté sur l’Internet une série de « vieux » magazines pour enfant: Babybug (6 mois-3 ans). C’est très poétique, avec une petite histoire au début, à la Popi. Le Poo aime beaucoup. Le magazine devient Ladybug pour les plus de 3ans.

Livres CD:

  • La série des « Brown bear » lus par Gwyneth Paltrow. On trouve assez facilement le 1er en librairie « Brown bear, brown bear, what do you see? ». Grand succès à la maison. A partir de 18 mois.
  • « Duck on a bike ». 2 ans 1/2, pour anglophone. Grand succès aussi.

Chansons:

  • The ants go marching
  • The wheels on the bus
  • The grand old Duke of York
  • Old MacDonald had a farm

Autres ressources:

  • L’homme a trouvé un groupe anglophone sur Lyon: English Speaking Families Group. Un « rassemblement » a lieu tous les 15 jours pendant 2h , uniquement organisé par les parents. On chante, on lit des histoires. C’est une très bonne motivation pour nous.
  • La famille américaine bien sûr, et face time!

Voilà pour chez nous! Et chez vous, ça se passe comment? N’hésitez pas à partager vos ressources, je suis preneuse!

Elodie

(Petit parenthèse finale sur le bilinguisme. La définition de wikipédia est la suivante: capacité du locuteur d’alterner entre deux langues selon des besoins de contexte sociologique où deux langues sont couramment utilisées sur un même territoire. Il s’avère que tout bilingue a une langue forte selon le lieu où il se trouve et la langue qui y est parlée. Mon Homme, par exemple, est francophone en France, il doit faire un effort conscient pour passer à l’anglais. A l’inverse, il est anglophone aux Etats-Unis, il devra là aussi faire un effort conscient pour passer au français. En gros, je pensais qu’un bilingue pouvait naviguer à sa guise entre deux langues, je découvre qu’il faut quand même faire un effort conscient pour passer d’une langue à l’autre, dans le cas où l’on est celui qui amorce la conversation ( ce sera plus facile si l’on est seulement le « répondant »).

Il ne faut pas non plus confondre le bilinguisme et le biculturalisme, qui est la maîtrise de deux cultures différentes. Je me considère par exemple quasiment bilingue, mais je ne maitrise pas totalement, et de loin, la culture américaine. Fin de la parenthèse…)