Les apprentissages autonomes

Je vous disais l’autre jour que je m’étais beaucoup interrogée sur la scolarisation de notre Poo. Je développe? Je développe.

En 2015, j’ai accueilli dans ma classe de CE1 un élève qui n’avait pas été scolarisé au CP. J’avoue que je m’attendais vraiment à rencontrer un petit garçon asocial, renfermé, avec de grosses lacunes scolaires. Il s’est avéré être excellent en mathématiques, bien au-dessus du niveau attendu en début de CE1, lecteur mais sans plus et l’expression écrite n’était clairement pas son fort. Pour ce qui est du côté social, il fut VRAIMENT porteur de la classe. Il réussissait à éveillé l’introverti et à apaisé le survolté. Il était fort, très fort. Le genre de petit garçon que tout le monde veut avoir dans son équipe, à côté de qui tout le monde veut s’assoir. Bref.

J’ai rencontré la maman, qui m’a dit avoir fait l’école à la maison pour quatre de ses cinq enfants l’année précédente, s’appuyant beaucoup sur la pédagogie Montessori, à laquelle elle s’était formée. Elle m’a prêté des livres (je suis née curieuse et j’avoue que ce petit bonhomme avait bien fait volé en éclat mes idées reçues!) et m’a parlé de ce documentaire, « être et devenir« .

On l’a regardé pendant les vacances de noël avec l’Homme, et il m’a énormément touchée, bousculée. D’abord, il m’a fait réaliser qu’on POUVAIT ne pas aller à l’école. Je devais le savoir, légalement parlant, mais de là à le voir vécu, c’était autre chose. Et puis « Etre et devenir » présente une facette particulière de l’Instruction En Famille (IEF): Le Unschooling, ou Instruction Informelle. L’idée, en très gros, est que tout enfant est né pour apprendre et que si l’on se « contentait », nous adultes, de les nourrir de choses et d’autres, ils apprendraient tout ce dont ils ont besoin, avant de prendre eux-même la relève et d’aller chercher ce qui leur manque. Ils seraient ainsi responsables de leurs apprentissages, actifs plutôt que passifs comme on peut PARFOIS l’être à l’école. Je vous invite fortement à aller lire cet article qui présente le Unschooling et les apprentissages informels sur le site Les enfants d’abord.  André Stern en parle aussi très bien, vous pouvez aller voir les vidéos de Jean-Pierre LEPRI, Inspecteur de l’Education National à la retraite (un peu extrême), sur You Tube, ou encore cette vidéo de Ken Robinson qui va dans le même sens je trouve.

C’est vraiment cette facette là de l’école à la maison qui m’a secouée, cette idée d’Apprentissages Autonomes, cette notion que finalement, si je laissais mon fils jouer, courir, lire et discuter, il acquerrait non seulement les Fondamentaux du programme scolaire mais aussi ce qui vraiment aurait du sens pour lui.

J’ai beaucoup lu: « Insoumission à l’école obligatoire » de Catherine Baker (un peu extrême à mon goût), « Les apprentissages autonomes » de John Holt, l’exemplaire du magasine PEPS sur le thème « Grandir sans école » était particulièrement riche. J’ai écumé internet à la recherche de blogs (allez voir http://www.addfunandmix.com/ ou la bande dessinée en construction des jolis sauvages), de témoignages. Intellectuellement, j’étais très attirée par ce mode de fonctionnement, cette histoire d’apprentissages autonomes, ça me parlait. Je l’avais vu en classe, je l’avais vécu en tant qu’élève: c’est ce qui nous intéresse que l’on apprend facilement, que l’on retient, que l’on approfondit avec plaisir, avec bonheur.

Sauf que. Sauf que mon fils ne grandit pas dans ma tête. Il évolue dans une société en constante évolution, parfois violente, parfois bienveillante, et dans laquelle TOUT LE MONDE VA A L’ECOLE. Et c’est là que pour moi, ça bloque. Je suis une grande indécise, de façon générale, mais j’avoue que cette question de l’école m’a fait entrer dans la catégorie professionnelle des gens qui vivent avec  des « oui, mais si… »

Non, mon Poo n’a pas besoin de l’école pour acquérir le contenu des programmes scolaires ( en tout cas jusqu’à la fin de l’école élémentaire). Oui, au vu des classes surchargées, des rythmes soutenus et de la taille de la cour de récréation goudronnée, il serait certainement mieux hors de l’école. Mais oui, il a aussi besoin d’un temps sans moi, hors de sa famille, pour grandir et se construire. Pour revenir chargé de neuf, de belles choses accomplies et d’exploits à raconter. Et j’ai aussi besoin d’un temps sans lui, soyons honnête, d’un temps pour moi.

Alors quoi? Et bien le dilemme reste entier. Il a fait sa rentrée en Petite Section cette année dans l’école publique de secteur, où il va quatre matinées par semaine. Tout s’y passe plutôt bien pour lui: La séparation se fait sans soucis le matin, il a l’air content d’y aller. L’enseignante s’est déjà plainte de son non respect des règles: il ne lève pas la main, il s’assoit en tendant les jambes au lieu d’être en tailleur, il ne reste pas sans bouger devant son porte-manteau. A trois ans, après deux semaines d’école, je vous laisse juges.

Et vous, vous en pensez quoi de ce unschooling? Comment pourrait-on réformer l’école française afin de laisser à l’enfant un tel espace de liberté?

Au plaisir de vous lire,

La Licorne

La photo d’en-tête a été prise à big Sur, Californie.

 

 

La rentrée – deuxième effet kiss cool

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux (sinon, soyez pas timides, allez-y faire un tour, l’icône est à gauche), vous avez déjà dû voir passer cette photo de mon Poo en jogging, jouant par terre avec sa soeur, à une heure où IL AURAIT DU ETRE A L’ECOLE!!!

Deuxième effet kiss cool de l’école, donc: Mon Poo, l’oeil hagard, la toux qui t’ébranle et le nez qui rougit avec la journée qui avance.

Aujourd’hui, jeudi 14 septembre 2017, ma journée fut rythmée par:

« Aaaatchoum! »

Blanc

 » Mamaaaannnn!! J’ai besoin d’un mouchoir!!! »

Nous avons donc beaucoup lu, et j’en profite pour vous présenter les hits du moment:

En anglais, les Richard Scarry. Il y a plusieurs niveaux de lecture, les illustrations étant tellement fouillées qu’on peut s’en contenter. Je pense quand même qu’un enfant découvrant l’anglais à l’école par exemple n’aura pas accès au texte.

 

 

 

En français, on cherche systématiquement un « Petit poilu » à la bibliothèque, BD sans parole que lisaient mes CE1 et dont le Poo raffole (pour vous dire que c’est un investissement rentable!). Et puis, lors de notre dernière virée à la bibliothèque justement, il a trouvé un Yakari qu’il me demande depuis de lui lire en boucle. Il est fasciné par cet univers, par les animaux, par Petit Tonnerre.

 

Il a aussi, dans le désordre: coller des gommettes, fait un gâteau, fait des crêpes, dessiner, sauter sur place, couru partout, fait rouler la boule en plastique si bruyante environ 15 millions de fois APRES que je lui ai demandé d’arrêter (rapport aux voisins du dessous, voyez), écouter des histoires, des CDs de comptines…

Article écrit à quatre mains, ou plutôt envers et contre ma Puce, qui doit trouver que partager un bout de fauteuil avec sa mère et son ordinateur est bien plus funky que de dormir dans son lit!

 

Ah! L’Ecole….

Un petit billet du lundi pour rebondir sur le documentaire « Une idée folle » qui était en accès libre sur le site du monde ce week-end.

Dans Une idée folle, ce n’est pas une école en crise que montre la réalisatrice, Judith Grumbach, mais des enfants heureux, des enseignants épanouis, engagés, ayant à cœur de montrer que bienveillance et exigence ne sont pas deux valeurs opposées, contrairement à ce que des discours simplistes sur l’école laissent entendre aujourd’hui. (extrait du site du Monde)

Je ne pense pas être une enseignante exceptionnelle, dans le sens « qui relève de l’exception ». Je n’ai enseigné qu’en REP en France, mais j’ai aussi travaillé six ans aux Etats-Unis, dans trois établissements très différents, dont deux privés, accueillants donc des familles plutôt aisées. Partout (à quelques exceptions près), je n’ai rencontré que des gens qui avaient à coeur le bien-être de l’enfant dans l’école, sa progression. J’ai découvert à la FASNY la pédagogie positive, dont j’ai ramené des morceaux en France avec moi (la résolution de problèmes, entre autres). A Villeurbanne, en REP, nous nous sommes bien creusés la tête pour améliorer les échanges entre élèves, et nous avons pioché de ci de là des solutions, empruntant entre autres à la Communication Non Violente.

Tout ça pour vous dire que rien de ce qui était présenté dans le documentaire que j’ai visionné ce week-end n’était nouveau pour moi. C’était presque agréable, je me suis sentie validée dans mes choix d’enseignante, mes choix pédagogiques et humains.

Sauf que « Une idée folle » présente tous ces choix comme étant l’exception, comme étant la découverte de ces neuf écoles, publiques ou privées, qui révolutionne(raient?) le monde de l’école aujourd’hui. Je trouve très positif que ce que toutes ces écoles mettent en place soit donner à voir à tous. Mais quelque part, cela sous-entend je crois que les autres établissements fonctionnent différemment, ne mettant pas l’empathie, la bienveillance et le partage au centre de leurs projets pédagogiques, éducatifs.

La bonne nouvelle, c’est que l’on peut espérer que ce genre de documentaire, comme le travail de Céline Alvarez (dont je n’ai pas lu le livre mais qui, je crois, avait reçu le même type de critique), puisse faire bouger l’institution. Parce que le discours que j’ai entendu dans la bouche des enseignants d' »une idée folle », à la « quand on veut, on peut », n’a pas l’air de tenir compte du fait que tout ce travail doit se faire en parallèle des programmes et de toute la charge administrative qui pèse aujourd’hui sur les enseignants.

Bref. Il faut que les choses bougent, il faut que l’école change, oui. Que l’institution change, surtout, je crois, qu’elle évolue. Et qu’elle soutienne le travail de tous ces enseignants qui cherchent quotidiennement des solutions pour que leurs élèves aient le sourire le matin sur le chemin de l’école.

Et vous, parents, avez-vous de l’école une image positive, d’un lieu préparant avec bienveillance vos petits ou grands au monde de demain?

Et vous, les enseignants qui avez visionné ce docs, vous en avez pensé quoi?

 

La traversée de l’Atlantique (2)

Cet article est en attente depuis 2 mois, je m’excuse platement de vous avoir fait languire avec la suite de nos aventures mais c’est que, voyez-vous, je ne dormais pas. En tout cas, pas suffisamment  pour reprendre le clavier. C’est terrible, le manque de sommeil. Je sais, j’ai encore le cerveau dedans… Allez, je vous raconte la suite de notre périple.

Où en étions-nous…??

Ah oui, il était 10h et nous embarquions dans un Airbus en direction de Boston, avec un Homme Ombre de lui-même et deux enfants (très) petits.

10h40 – Décollage. Le Poo s’endort. La Puce se réveille.

11h20 – Le Poo se réveille, rafraichit, revigoré même, par sa sieste éclaire (insérer des sanglots).

Les heures qui suivirent ne sont plus que brouillard dans ma mémoire. L’Homme s’est remis peu à peu de son malaise et on s’est échangé les enfants pendant les sept heures qui ont suivies: Nous avons passé sept heures debout donc. J’ai même le souvenir un peu flou d’avoir porté le Poo dans l’Ergobaby tandis que la Puce était dans l’écharpe sur le ventre de son papa et que nous nous croisions dans l’allée devant les toilettes (glamour, glamour…). Ca n’a pas pris, hein. L’enfant premier est resté bien éveillé.

12h20 (heure locale) – Atterrissage à Boston. A ce stade, l’Homme et moi alternions entre des phases de zombies totales, genre j’ai mal au sommeil, et des phases de « Non, mais en fait, ça va, je gère super bien, là, t’as vu ». On a profité de la deuxième phase pour trouver le bus en partance pour Woods Hole (vert, le bus, bien repérable par un Poo, donc).

13h30 – Dans le bus. « Il a 3 ans, il n’a dormi que 4h dans les dernières 24h, le bus, ça va l’achever, c’est clair! ». Alors, non. Sa mère, par contre, elle, oui, ça l’a achevé, le bus.

15h30 – Arrivée à Woods Hole. On va prendre le ferry!!! On y est presque!!! J’aperçois même un lit dans le lointain…

16h – Ferry. J’avoue, moi, là, j’ai baissé les armes. Je me suis réfugiée à l’intérieur, la Puce dans l’écharpe (l’excuse ultime: « Non, mais je peux pas rester dehors à découvrir le bateau avec le Poo, il y a trop de vent, là, tu vois. »). Merci Chéri.

 

16h45 – Nous arrivons à Martha’s Vineyard. PLUS QUE 45 minutes de voiture, oui, oui, vous avez bien lu. Là, merci à ma Belle-Mère, qui est venue nous déposer sa voiture à l’embarcadère pour qu’on puisse partir tout de suite, et accessoirement ALLER SE COUCHER (il est 15h). Le Poo ayant enregistré dans sa petite tête blonde que la voiture de Nana était la dernière ligne droite, pour lui, je crois, ça y est, on y était. La tête à peine posée dans le siège auto, il dormait déjà.

17h45 – ON Y EST!!! Reste plus qu’à faire les lits et à se jeter dedans!!

La suite du séjour fut sportif… Entre le décalage horaire de la première semaine, la roséole de la Puce la deuxième semaine, sa toux qui nous a valu un appel à notre pédiatre en France et du CELESTENE (Oui, oui, rebelote) la troisième semaine, nos nuits ont vaguement commencé à ressembler à quelque chose quelques jours avant le départ. Avant, donc, qu’on ne leur remette 7 heures de décalage horaire dans la tête…

Juste pour le fun, comme disent les canadiens, le lit improvisé de la Puce: Un tiroir de commode posé sur 2 chaises. On a fait ça partout pendant notre voyage, ça a bien fonctionné!

Ceci mis à part, on en a vraiment bien profité, et surtout, le Poo s’est éclaté.

Et pour ce qui est de son anglais, il comprenait tout, mais a continué à répondre en français quasiment jusqu’à notre retour. Par contre, une fois à la maison, il était totalement bilingue (Ô joie!). Il jouait seul en anglais, avait des conversations avec nous… Son vocabulaire est plus pauvre qu’en français, mais les phrases sont construites et il continue de parler anglais encore aujourd’hui, quelques mois après notre retour.

La traversée de l’Atlantique (1)

Ola, Ola bonnes gens!

Je m’en vais aujourd’hui vous raconter notre long périple qui nous amena de Lyon, France, à Chilmark, Martha’s Vineyard, USA (oui, j’ai fini par avoir mon visa!!), pour une durée totale de… 22h de voyage.

Avant toute chose, poser le décor: La puce a commencé à tousser le vendredi précédent notre départ. Je la sentais moyen, donc direction pédiatre (antécédent de bronchiolite, départ imminent dans un pays où les soins médicaux sont, comment dire… joker?). Et là, c’est le drame: 4 jours de celestene. Pour ceux qui ne sauraient pas, le celestene est un corticoide. Un excitant, quoi, hein, bon. Donc en gros, 3 jours avant de partir, j’ai commencé à donné à ma fille l’équivalent, au choix, d’un bon café ou d’un rail de coke matin et soir. Sur un week end où mon Homme était en déplacement. Ben oui, sinon, c’est pas drôle. J’ai donc dormi environ 5h grappillées ça et là les deux nuits précédent notre départ.

Sachant qu’on devait se lever tôt (euphémisme), on avait prévu de coucher tout le monde tôt la veille. Mais pas avant d’avoir fêter les 3 ans du Poo en famille. Vous avez déjà essayé de coucher un enfant de 3 ans à qui on vient d’offrir plein de superbes et magnifiques cadeaux? Dont un tracteur playmobile???? La veille d’un voyage dont on lui parle depuis des semaines?? Ben nous, naïfs, on a essayé. On a échoué, hein, paniquez pas. On est des super-parents, on a les capes, les masques, les collants et tout et tout, mais pas à ce point là, non. Le Poo a du s’avouer vaincu vers 23h, la Puce vers minuit et demi. Je me suis effondrée. Quand…

3h30 – Une douce main me caresse le visage. Ca fait combien de temps que ça ne m’était pas arrivé? Je dois rêver. Je me rendors. La main insiste. Une voix, dans le lointain, m’incite à me bouger la fesse gauche parce qu’il faut y aller, là, Elo, hein. Pas un rêve, donc. 3h de sommeil, nickel. Si on se connait, vous devez savoir à quel point je rayonne avec moins de 8h de sommeil…

3h45 – Mon père, ce saint homme (3h45 DU MATIN, oui, oui, il est comme ca), arrive pour nous emmener à l’aéroport. On jette dans la voiture une Puce endormie et un Poo bien réveillé et on part.

4h30 – Aéroport endormi. On enregistre les bagages, on décide de garder la poussette dans laquelle un Poo toujours bien réveillé fait la conversation. L’Homme flanche, m’annonce qu’il se sent un peu flou et qu’il va aller s’assoir un moment. Bon. Bien. Alors… Je finis l’enregistrement, et je le rejoins, la Puce sur le ventre en Ergobaby, le Poo droit comme un I dans la poussette. Et là je vois se diriger vers moi l’ombre de mon Homme. C’est toujours lui, mais en un peu plus jaune, tu vois. Ou blanc. Je panique mais n’en laisse rien voir (je suis comme ça, moi), je l’invite à se rassoir tout en visualisant intérieurement le voyage à venir, que le Poo nous présente tous les matins depuis quelques semaines (la voiture avec papi – un petit avion – un gros avion – un bus – un ferry – la voiture de nana. Oui, vous avez bien lu. Non, nous ne sommes pas fous. Ou…?) Bref. L’Homme semble se remettre, nous passons la sécurité.

5h30 – On embarque. Le Poo n’a toujours pas fermé l’oeil. La Puce dort dans le porte bébé. L’Homme est plus frais. Allez, on y croit.

6h10 – décollage. Le Poo entre nous, ses mains dans les nôtres, l’oeil au hublot, ça va le faire.

Entre le petit déjeuner et la découverte de l’avion, le vol se passe plutôt bien. La Puce dort.

7h30 – Atterrissage. On récupère la poussette (ça, c’est vraiment très très cool, quand même. Tu laisses ta poussette aux portes de l’avion, ils te la rendent à l’arrivée) et on cherche le vol suivant.

8h – Douane. Je ne sais pas pourquoi, mais l’Homme et moi, on se retrouve chacun dans sa file, lui avec le Poo, moi avec la Puce. J’arrive devant le douanier  avec dans les mains tous nos passeports (ben oui, tous. L’Homme et les enfants ont chacun 2 passeports, ce qui nous fait donc 7 passeports en tout), et je sens qu’il me regarde bizarre. Je me mets à chercher dans le tas mon passeport et celui de la Puce, le français. Je les lui tends et il me demande si elle a son ESTA, je lui tends alors son passeport américain. Je sens la perplexité s’installer. J’explique que mon mari est américain et que ce sont ses passeports dans ma main. Et le douanier de chercher ce mari des yeux, complètement perdu. Bref, ils ont fini par me laisser passer.

8h30 – sécurité américaine. L’Homme se sent de nouveau mal. Je me présente donc devant le Gentil Américain de la Sécurité avec un Poo dans la poussette, une Puce sur le ventre, un sac à dos dans le dos, une valise à roulettes et… un Homme assis sur le chariot à bagages. Je ne le poussais pas, hein, faut pas exagérer non plus, mais il n’était vraiment pas bien. Questions d’usage, on passe.

8h40 – L’Homme s’effondre sur une chaise, je laisse la Puce endormie dans la poussette avec lui et on va se balader avec le Poo. On a passé une bonne demi heure cachés derriere des escaliers devant une fenêtre, moi somnolant et lui regardant les yeux brillants les avions aller et venir. J’avoue que ce fut l’un des meilleurs moments de ce voyage. La lumière dans ses yeux, c’était juste magique.

9h30 – On croise l’Homme. Il m’annonce qu’il se sent vraiment mal et qu’il va essayer de voir un médecin. A l’aéroport d’Amsterdam. 20mns avant d’embarquer. On prend une grande inspiration…. et on se détend… Voilaaaaa… La Puce dort toujours dans sa poussette, c’est toujours ça de pris. On fait quelques aller-retours avec le Poo sur les tapis roulants (meilleure invention du siècle pour occuper les enfants petits, à mon avis!) et on voit revenir l’Homme! qui a réalisé que le médecin était trop loin et que ça n’allait pas le faire.

10h – On embarque. Je vous laisse imaginer la tête du gentil monsieur assis sur le quatrième siège quand il nous a vu arriver…

TO BE CONTINUED…

 

Lettre ouverte au pouce de ma fille

Très cher Pouce,

Il y a longtemps, dans une autre vie, ma Puce pleurait, beaucoup. Elle aimait mes seins, beaucoup. Elle y passait de longues heures, à se réchauffer, à se rassurer, à découvrir ce nouveau monde du bout des lèvres, du bout des doigts, mais toujours depuis le fond de mon décollé.

Elle avait du mal à trouver le sommeil, ma fille. Elle se débattait dans mes bras le soir, elle se tordait de douleurs inexpliquées que je n’arrivais pas à calmer.

Et puis tu es arrivé.

Je pense qu’aujourd’hui, elle te suivrait jusqu’à la lune et au-delà, ma Puce.

Merci. Du fond du coeur.

Paris (avec un bébé)

Chers gens de l’Internet,

Nous sommes allés la semaine dernière, l’Homme, la Puce et Moi, à la capitale. Nous avions deux rendez-vous, sur deux jours différents, à l’ambassade américaine: L’un pour que la Puce devienne américaine, l’autre pour que sa mère  (moi, donc, pour les deux du fond qui n’ont pas suivi…) obtienne un visa touriste parce qu’on lui avait refusé l’ESTA (long story short, quand vous quittez définitivement les Etats-Unis alors que vous avez une carte verte, il vous faut la rendre officiellement, même si elle va expirer sous peu, sinon, on vous retrouve des années plus tard, on vous traite d’illégale et on menace de vous extrader. Ou alors c’est juste moi et j’ai pas de bol…)

Nous voilà donc partis tous les trois en Ouigo (nous sommes lyonnais). LA grande question de ce petit matin dans la nuit: Poussette ou pas poussette? On avait fait le même voyage avec le Pou et sa poussette quand il avait 7 mois et j’avais des souvenirs assez pourris du métro parisiens, des escaliers et du portage de poussette, on a donc opté contre, la Puce en écharpe, deux petits sacs à dos et hop, dans le bus!

L’aller en train au petit matin s’est super bien passé. On a eu la chance de trouver un Ouigo qui partait de Perrache, et ça, c’était top. L’arrivée à Roissy fut un peu moins Finger in ze nose, il y avait un problème sur le RER, il nous a donc fallu marcher bien vite dans les couloirs et ESCALIERS (#vive l’écharpe) pour choper le p’tit train qui nous permettait de changer de terminal et prendre le RER. En rajoutant un métro, on est arrivé PILE POIL à l’heure à l’ambassade pour mon rendez-vous. J’ai alors pu stressé tout à loisir dans la jolie file d’attente me menant au gentil américain chargé de me questionner sur le pourquoi du comment je m’étais retrouvée là. Je vous la fait courte, j’attends mon passeport pour confirmation, mais je crois que c’est bon.

On est alors reparti à l’aventure, on a trouvé de quoi manger, et puis on a attéri dans un café très à l’américaine (tu sens le fil rouge, là, tu le sens?), rempli de gens qui avait l’air d’écrire des blogs intéressants derrière leurs MacBooks en buvant des macchiatos.

L’Homme a ensuite réussi l’exploit de nous emmener au musée d’Orsay et j’ai insisté pour aller voir l’expo « Au-delà des étoiles. Le paysage mystique de Monet à Kandinsky« . Si vous avez l’occasion, allez-y. Nous, en tout cas, les premières salles nous ont vraiment fait voyager!

En sortant du musée, on a réussi à se trainer jusque chez ma cousine qui nous hébergeait. La Puce a… comment dire… relaché la pression de cette magnifique journée et on n’a pas beaucoup dormi. vous savez, ce genre de nuit rythmée par les:

– Je crois qu’elle a faim.

– Mais non, elle a mal, là, tu vois bien!

– Elle a sommeil. Ou alors elle a froid?

– Je crois qu’elle a trop mangé. Elle a trop mangé, là, non?

Bref, ça s’est fini au doliprane, qui n’a, je pense, pas vraiment aidé. On n’a rien dormi et ma cousine, je le crains, ne voudra jamais d’enfants…

Le lendemain, nous sommes partis presque à l’heure, nous avons marché très vite et nous sommes arrivés PILE POIL à l’ambassade. Ce coup-ci, j’ai eu le droit de m’assoir, j’étais dans le coin réservé aux CITOYENS AMERICAINS. Je vous la fait courte bis, on attend son passeport mais la Puce est américaine.

S’est ensuivie une petite ballade vers la concorde, un burger tout à fait correct en excellent compagnie dans un lieu dont je ne me souviens plus le nom, une autre petite ballade, une session shopping absolument mytique chez Célio et un thé bu au dernier étage des Galeries Lafayette boulevard Haussman, genre je me sens parisienne.

On a fini par prendre notre RER direction Disneyland, non sans avoir dû laisser passer quelques trains bondés suite à un arrêt du service et on a pris notre Ouigo. La Puce a été mal tout le trajet du retour, que nous avons donc passé à tour de rôle dans le sas devant les toilettes, les hurlements de ma doudou rythmés par le bruit du train et les commentaires des p’tites vieilles qui passaient. « Elle a faim, non? Oh, ben oui, elle doit être fatiguée, la pauvre petite! Moi, je lui grenouillerai la tête comme ça, ça a toujours marché avec les miens… » Grrrrrrrr.

Paris m’a laissé une impression de trop grand, trop vite, trop. Moi et ma maternité, on n’était pas vraiment prête pour cette sortie dans le grand monde. Je me suis sentie Mère au Foyer en voyant tout ces gens de noir vêtu courir de ci de là. Pendant un instant, il m’a tardé de retourner travailler, de ressentir cette urgence, de me sentir pressée, attendue, nécessaire. Et puis je me suis souvenue que souvent, lorsque je travaillais, je me demandais pourquoi je courrais, quelle était l’urgence justement, et tout ça m’a paru vain. Le sentiment n’était pas très agréable et j’ai été heureuse de me retrouver chez moi, en haut sur ma colline, un peu à l’abri de ce monde qui va parfois trop vite, trop loin, trop.

Merci à l’Homme pour ses photos!

Et si on n’est pas bilingue?

Bonjour, bonjour!

Dans mon dernier article, je parlais du bilinguisme. Mais si on n’est pas bilingue, ou juste un peu, on fait comment? On m’a plusieurs fois demander des ressources pour éveiller les enfants petits à une autre langue, je m’en vais donc en parler ici, mélangeant mes connaissances d’instit et de maman.

Tout d’abord, vous pouvez commencer aussi tôt que vous le sentez. L’idée, dans un premier temps, est d’ouvrir l’oreille de nos tout petits. Nous naissons tous avec la capacité de parler toutes les langues et donc de distinguer tous les sons, mais cette capacité se perd assez rapidement si elle n’est pas travaillée, sollicitée. Résultat, adultes, nous n’entendons plus un grand nombre de sons. J’ai un souvenir cuisant d’une conversation avec mon Homme, qui essayait de m’apprendre à prononcer correctement le mot « open ». Je ne comprenais pas où était le problème, je n’ENTENDAIS pas la différence entre ce qu’il disait et ce que je disais. Très frustrant. Bref.

Pour leur garder l’oreille ouverte, donc, n’hésitez pas à leur chanter des chansons, comptines dans la langue, les langues qui vous attirent.

Voici une petite liste en anglais, très très loin d’être exhaustive:

  • The wheels on the bus est un grand classique qu’on peut accompagner de gestes, ce qui est toujours un plus,
  • The itsy bitsy spider marche bien aussi,
  • If you’re happy and you know it,
  • head, shoulders, knees and toes quand ils sont plus grands,
  • Twinkle, twinkle little star

Pour ce qui est des livres, je vous conseille des ouvrages avec des structures langagières très répétitives et qui aborde un vocabulaire spécifique. Dans « Brown bear, brown bear, what do you see? » d’Eric Carle par exemple, chaque page présente un animal et une couleur autour de cette structure: « Brown bear, brown bear, what do you see? I see a red bird looking at me. / Red bird, red bird, what do you see? I see a yellow duck looking at me. » Ce qui fait qu’une fois enregistrée la structure « what do you see? / I see… looking at me. », il reste le vocabulaire des animaux et des couleurs.

La série des « Spot » d’Eric Hill est aussi très intéressante. On a beaucoup lu celui-ci avec le Poo quand il était petit et il avait aussi bien fonctionné dans ma classe de CE1 (aucune notion d’anglais). J’aime beaucoup les livres de Sandra Boynton, « Are you a cow? » est plus abordable que « Barnyard dance ».

Il y a aussi tous les imagiers. Sur la photo, « Touch and feel baby animals », la collection « bright baby » est bien et la série des « my first 100 » (words, machine, animals…) aussi.

L’autre conseil que je peux vous donner, surtout si vous ne vous sentez pas bien sûr de vous, c’est d’utiliser des livres CD. Il en existe plein dans le commerce avec des comptines et chansons, et pour ce qui est des livres,  j’ai déjà parlé de la série des « Brown bear » justement, lus par Gwyneth Paltrow.

N’hésitez pas à partager vos ressources ou à me poser des questions!

Bon week-end!

Elodie

Le bilinguisme chez nous

Bonjour, bonjour!

En cette belle journée, je voudrais aborder le sujet du bilinguisme. Je voulais commencer soft, léger, mais je crois que ça va se finir en pavé, cette histoire.

Mais commençons par le commencement…

Mon Homme est franco-américain, né en France de mère américaine qui lui a toujours parlé anglais. Il a émigré aux Etats-Unis vers 20 ans et a vécu 12 ans à New-York avant de rentrer en France. Il est donc parfaitement bilingue.

De mon côté, j’ai vécu en tout six ans aux Etats-Unis, je me considère bilingue, même si je cherche encore mes mots dans des conversations plus intellectuelles, qui sortent du quotidien.

Fin de l’historique familial, venons-en au fait.

Le Poo est né et après de nombreuses lectures et reflexions, nous avons décidé que l’Homme lui parlerait anglais et moi français. Comme ce n’est pas toujours évident pour l’Homme, de parler français avec tout le monde puis de passer à l’anglais avec son fils, nous essayons au maximum de parler anglais entre nous (et puis, ça me fait pas de mal, hein…).

Le Poo aura 3 ans début juin, il s’exprime très bien en français (pour son âge, hein!) et comprend parfaitement son papa. Il lui répond majoritairement en français, même si certains mots anglais se glissent ici et là. Je pense que si nous allions passer quelques semaines en milieu anglophone, il se mettrait à parler anglais assez rapidement.

(Petite parenthèse ici pour partager avec vous une info qui m’avait surprise lors de nos recherches sur le bilinguisme: Afin que la deuxième langue ne soit pas connotée négativement dans la tête de l’enfant – genre j’ai un peu honte, il n’y a que mon papa qui parle comme ça, je ne veux pas –  il est important qu’il l’entende parler par d’autres. Jusqu’ici, rien de révolutionnaire et avec l’anglais, on a beaucoup de chance. Mais je me suis rendue compte que mes parents par exemple, qui parlent un anglais scolaire, ne s’autorisaient pas à lire des livres anglophones au Poo de peur de lui transmettre un mauvais accent. Je les ai incité à le faire quand même, leur expliquant que pour mon fils, de voir ses grand-parents faire une effort dans la langue de son papa renforçait la légitimité de cette deuxième langue. Résultat, aujourd’hui, il leur demande des livres en anglais et il corrige leur prononciation. Pas de risque donc que ce soient eux qui influencent son accent!)

Ceci étant dit, je voulais faire un petit récapitulatif ici des outils qui nous ont aidé dans cette démarche, sachant que je ne liste ici que ce qui m’a marqué, donc qui a été lu et relu, écouté et réécouté…

Livres:

  • « The wheels on the bus ». L’un des premiers « vrais » livres lus avec le Poo. Grand succès. Peut fonctionner avec des non anglophones.
  • « Five little monkeys jumping on the bed » – Eileen Christelow. Il existe une comptine du même titre. Peut fonctionner avec des non anglophones.
  • « Cars and trucks and things that go » – Richard Scarry. On a commencé à le lire avec lui quand il avait un an je pense. Enorme succès. Il y a plusieurs niveau de lecture et il le lit encore aujourd’hui avec plaisir (il aura 3 ans début juin). Peut fonctionner avec des non anglophones.
  • « From head to toe » – Eric Carle Peut fonctionner avec des non anglophones.
  • « We’re going on a bear hunt » – Michael Rosen. Grand classique, grand succès. Ne ratez pas la lecture par l’auteur sur you tube.
  • « First 100 machines » aux éditions Bright Baby – Le Poo est fan de camions et autres engins de construction. Selon l’intérêt de votre enfant, vous trouverez forcément un « First 100… » dans cette édition! Peut fonctionner avec des non anglophones.

  • « Good night gorilla » – Peggy Rathmann – Livre sans texte mais pas mal d’implicite, à partir de 2 ans 1/2, 3 ans.
  • « Owl babies » de Martin Waddell
  • « Stand back », said the elephant, « I’m going to sneeze! » – Patricia Thomas. Excellent! Un peu tôt pour le Poo, je dirais 3 ans et plus.
  • « The color monster » – Ana Llenas. Excellent livre pop up autour des émotions. Je suis d’ailleurs tombé sur cet article présentant la version française, si ce thème vous intéresse.
  • Les contes classiques – The little red hen, Goldilocks, The three little pigs…

  • L’homme a acheté sur l’Internet une série de « vieux » magazines pour enfant: Babybug (6 mois-3 ans). C’est très poétique, avec une petite histoire au début, à la Popi. Le Poo aime beaucoup. Le magazine devient Ladybug pour les plus de 3ans.

Livres CD:

  • La série des « Brown bear » lus par Gwyneth Paltrow. On trouve assez facilement le 1er en librairie « Brown bear, brown bear, what do you see? ». Grand succès à la maison. A partir de 18 mois.
  • « Duck on a bike ». 2 ans 1/2, pour anglophone. Grand succès aussi.

Chansons:

  • The ants go marching
  • The wheels on the bus
  • The grand old Duke of York
  • Old MacDonald had a farm

Autres ressources:

  • L’homme a trouvé un groupe anglophone sur Lyon: English Speaking Families Group. Un « rassemblement » a lieu tous les 15 jours pendant 2h , uniquement organisé par les parents. On chante, on lit des histoires. C’est une très bonne motivation pour nous.
  • La famille américaine bien sûr, et face time!

Voilà pour chez nous! Et chez vous, ça se passe comment? N’hésitez pas à partager vos ressources, je suis preneuse!

Elodie

(Petit parenthèse finale sur le bilinguisme. La définition de wikipédia est la suivante: capacité du locuteur d’alterner entre deux langues selon des besoins de contexte sociologique où deux langues sont couramment utilisées sur un même territoire. Il s’avère que tout bilingue a une langue forte selon le lieu où il se trouve et la langue qui y est parlée. Mon Homme, par exemple, est francophone en France, il doit faire un effort conscient pour passer à l’anglais. A l’inverse, il est anglophone aux Etats-Unis, il devra là aussi faire un effort conscient pour passer au français. En gros, je pensais qu’un bilingue pouvait naviguer à sa guise entre deux langues, je découvre qu’il faut quand même faire un effort conscient pour passer d’une langue à l’autre, dans le cas où l’on est celui qui amorce la conversation ( ce sera plus facile si l’on est seulement le « répondant »).

Il ne faut pas non plus confondre le bilinguisme et le biculturalisme, qui est la maîtrise de deux cultures différentes. Je me considère par exemple quasiment bilingue, mais je ne maitrise pas totalement, et de loin, la culture américaine. Fin de la parenthèse…)