Ah! L’Ecole….

Un petit billet du lundi pour rebondir sur le documentaire « Une idée folle » qui était en accès libre sur le site du monde ce week-end.

Dans Une idée folle, ce n’est pas une école en crise que montre la réalisatrice, Judith Grumbach, mais des enfants heureux, des enseignants épanouis, engagés, ayant à cœur de montrer que bienveillance et exigence ne sont pas deux valeurs opposées, contrairement à ce que des discours simplistes sur l’école laissent entendre aujourd’hui. (extrait du site du Monde)

Je ne pense pas être une enseignante exceptionnelle, dans le sens « qui relève de l’exception ». Je n’ai enseigné qu’en REP en France, mais j’ai aussi travaillé six ans aux Etats-Unis, dans trois établissements très différents, dont deux privés, accueillants donc des familles plutôt aisées. Partout (à quelques exceptions près), je n’ai rencontré que des gens qui avaient à coeur le bien-être de l’enfant dans l’école, sa progression. J’ai découvert à la FASNY la pédagogie positive, dont j’ai ramené des morceaux en France avec moi (la résolution de problèmes, entre autres). A Villeurbanne, en REP, nous nous sommes bien creusés la tête pour améliorer les échanges entre élèves, et nous avons pioché de ci de là des solutions, empruntant entre autres à la Communication Non Violente.

Tout ça pour vous dire que rien de ce qui était présenté dans le documentaire que j’ai visionné ce week-end n’était nouveau pour moi. C’était presque agréable, je me suis sentie validée dans mes choix d’enseignante, mes choix pédagogiques et humains.

Sauf que « Une idée folle » présente tous ces choix comme étant l’exception, comme étant la découverte de ces neuf écoles, publiques ou privées, qui révolutionne(raient?) le monde de l’école aujourd’hui. Je trouve très positif que ce que toutes ces écoles mettent en place soit donner à voir à tous. Mais quelque part, cela sous-entend je crois que les autres établissements fonctionnent différemment, ne mettant pas l’empathie, la bienveillance et le partage au centre de leurs projets pédagogiques, éducatifs.

La bonne nouvelle, c’est que l’on peut espérer que ce genre de documentaire, comme le travail de Céline Alvarez (dont je n’ai pas lu le livre mais qui, je crois, avait reçu le même type de critique), puisse faire bouger l’institution. Parce que le discours que j’ai entendu dans la bouche des enseignants d' »une idée folle », à la « quand on veut, on peut », n’a pas l’air de tenir compte du fait que tout ce travail doit se faire en parallèle des programmes et de toute la charge administrative qui pèse aujourd’hui sur les enseignants.

Bref. Il faut que les choses bougent, il faut que l’école change, oui. Que l’institution change, surtout, je crois, qu’elle évolue. Et qu’elle soutienne le travail de tous ces enseignants qui cherchent quotidiennement des solutions pour que leurs élèves aient le sourire le matin sur le chemin de l’école.

Et vous, parents, avez-vous de l’école une image positive, d’un lieu préparant avec bienveillance vos petits ou grands au monde de demain?

Et vous, les enseignants qui avez visionné ce docs, vous en avez pensé quoi?

 

4 réflexions au sujet de « Ah! L’Ecole…. »

  1. Elodie,
    tu nous demandes notre avis sur l’école. Pour moi c’est difficile de te répondre : je ne sais pas ce que fait mon fils à l’école. Il garde tout pour lui, c’est son jardin secret!
    Par contre, ce que je déplore c’est l’enfermement des enfants : aucune sortie, peu d’échanges avec l’extérieur. Il n’a qu’une envie mettre les mains dans la terre, mais à l’école, « c’est sale ».

    J’ai lu le livre de Céline Alvarez, il m’a beaucoup plu. Il donne des pistes, des idées aux parents et aux enseignants. Mais surtout il montre bien tout les problèmes administratifs qui pèsent sur les épaules des enseignants. Et là je dis BIPPPP (oui je suis maman, j’ai arrêté les gros mots) : a-t-on besoin d’un carnet scolaire (de 30 pages) en maternelle : un petit message de la maîtresse m’aurait suffit!

    Voila, à côté de ça, il est heureux d’y aller.
    Bises

    1. Merci de ton retour Kathleen, je crois que l’essentiel c’est qu’il soit heureux d’y aller!
      Je partage totalement ton point de vue sur l’enfermement des enfants, et pour ce qui est de mettre les mains dans la terre, je me souviens d’une animation pédagogique dont l’intitulé était quelque chose du genre « Faire entrer la nature dans la classe et dans l’école » et ou, pour faire court, on nous invitait à mettre des plantes dans la classe…
      Et il faut que je lise « Les lois naturelles de l’enfant », même si, ayant vu beaucoup de vidéos mises en ligne pour les enseignants, j’ai une idée assez précise de ce qu’elle apporte.
      Bises

      1. Elodie,
        pour l’enferment, j’aimerai préciser que la ville où j’habite a été touchée par les attentats il y a quelques années (une policière est morte).
        Du coup, la préfecture a empêché toute sortie scolaire.
        Et je crois que cela arrange bien la directrice de l’école!

        1. Ah oui, c’est rude, ça! Les attentats du Bataclan ont eu lieu le week-end avant mon départ en classe verte, qui a donc été annulé. On a dû appelé toutes les familles le dimanche pour leur annoncer, je ne te raconte pas la tête des enfants le lundi… Mais bon, on peut aussi comprendre. Je pensais plus à la longueur des récrée et au manque de nature quand je parlais d’enfermement!

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