Les apprentissages autonomes

Je vous disais l’autre jour que je m’étais beaucoup interrogée sur la scolarisation de notre Poo. Je développe? Je développe.

En 2015, j’ai accueilli dans ma classe de CE1 un élève qui n’avait pas été scolarisé au CP. J’avoue que je m’attendais vraiment à rencontrer un petit garçon asocial, renfermé, avec de grosses lacunes scolaires. Il s’est avéré être excellent en mathématiques, bien au-dessus du niveau attendu en début de CE1, lecteur mais sans plus et l’expression écrite n’était clairement pas son fort. Pour ce qui est du côté social, il fut VRAIMENT porteur de la classe. Il réussissait à éveillé l’introverti et à apaisé le survolté. Il était fort, très fort. Le genre de petit garçon que tout le monde veut avoir dans son équipe, à côté de qui tout le monde veut s’assoir. Bref.

J’ai rencontré la maman, qui m’a dit avoir fait l’école à la maison pour quatre de ses cinq enfants l’année précédente, s’appuyant beaucoup sur la pédagogie Montessori, à laquelle elle s’était formée. Elle m’a prêté des livres (je suis née curieuse et j’avoue que ce petit bonhomme avait bien fait volé en éclat mes idées reçues!) et m’a parlé de ce documentaire, « être et devenir« .

On l’a regardé pendant les vacances de noël avec l’Homme, et il m’a énormément touchée, bousculée. D’abord, il m’a fait réaliser qu’on POUVAIT ne pas aller à l’école. Je devais le savoir, légalement parlant, mais de là à le voir vécu, c’était autre chose. Et puis « Etre et devenir » présente une facette particulière de l’Instruction En Famille (IEF): Le Unschooling, ou Instruction Informelle. L’idée, en très gros, est que tout enfant est né pour apprendre et que si l’on se « contentait », nous adultes, de les nourrir de choses et d’autres, ils apprendraient tout ce dont ils ont besoin, avant de prendre eux-même la relève et d’aller chercher ce qui leur manque. Ils seraient ainsi responsables de leurs apprentissages, actifs plutôt que passifs comme on peut PARFOIS l’être à l’école. Je vous invite fortement à aller lire cet article qui présente le Unschooling et les apprentissages informels sur le site Les enfants d’abord.  André Stern en parle aussi très bien, vous pouvez aller voir les vidéos de Jean-Pierre LEPRI, Inspecteur de l’Education National à la retraite (un peu extrême), sur You Tube, ou encore cette vidéo de Ken Robinson qui va dans le même sens je trouve.

C’est vraiment cette facette là de l’école à la maison qui m’a secouée, cette idée d’Apprentissages Autonomes, cette notion que finalement, si je laissais mon fils jouer, courir, lire et discuter, il acquerrait non seulement les Fondamentaux du programme scolaire mais aussi ce qui vraiment aurait du sens pour lui.

J’ai beaucoup lu: « Insoumission à l’école obligatoire » de Catherine Baker (un peu extrême à mon goût), « Les apprentissages autonomes » de John Holt, l’exemplaire du magasine PEPS sur le thème « Grandir sans école » était particulièrement riche. J’ai écumé internet à la recherche de blogs (allez voir http://www.addfunandmix.com/ ou la bande dessinée en construction des jolis sauvages), de témoignages. Intellectuellement, j’étais très attirée par ce mode de fonctionnement, cette histoire d’apprentissages autonomes, ça me parlait. Je l’avais vu en classe, je l’avais vécu en tant qu’élève: c’est ce qui nous intéresse que l’on apprend facilement, que l’on retient, que l’on approfondit avec plaisir, avec bonheur.

Sauf que. Sauf que mon fils ne grandit pas dans ma tête. Il évolue dans une société en constante évolution, parfois violente, parfois bienveillante, et dans laquelle TOUT LE MONDE VA A L’ECOLE. Et c’est là que pour moi, ça bloque. Je suis une grande indécise, de façon générale, mais j’avoue que cette question de l’école m’a fait entrer dans la catégorie professionnelle des gens qui vivent avec  des « oui, mais si… »

Non, mon Poo n’a pas besoin de l’école pour acquérir le contenu des programmes scolaires ( en tout cas jusqu’à la fin de l’école élémentaire). Oui, au vu des classes surchargées, des rythmes soutenus et de la taille de la cour de récréation goudronnée, il serait certainement mieux hors de l’école. Mais oui, il a aussi besoin d’un temps sans moi, hors de sa famille, pour grandir et se construire. Pour revenir chargé de neuf, de belles choses accomplies et d’exploits à raconter. Et j’ai aussi besoin d’un temps sans lui, soyons honnête, d’un temps pour moi.

Alors quoi? Et bien le dilemme reste entier. Il a fait sa rentrée en Petite Section cette année dans l’école publique de secteur, où il va quatre matinées par semaine. Tout s’y passe plutôt bien pour lui: La séparation se fait sans soucis le matin, il a l’air content d’y aller. L’enseignante s’est déjà plainte de son non respect des règles: il ne lève pas la main, il s’assoit en tendant les jambes au lieu d’être en tailleur, il ne reste pas sans bouger devant son porte-manteau. A trois ans, après deux semaines d’école, je vous laisse juges.

Et vous, vous en pensez quoi de ce unschooling? Comment pourrait-on réformer l’école française afin de laisser à l’enfant un tel espace de liberté?

Au plaisir de vous lire,

La Licorne

La photo d’en-tête a été prise à big Sur, Californie.

 

 

J’aime #4

On commence en musique, avec un morceau entendu surement à la radio, et que j’écoute en boucle en ce moment: « Miami » de Baster Dury. J’aime le rythme, la voix.

J’aime le bilinguisme de mon Poo. L’autre jour, à table, il me demande en français de lui donner de mon dessert chocolaté. Il venait de finir le sien, et en bonne gourmande égoïste que je suis, je lui réponds « non » (Pour ceux qui suivent, vous noterez le côté très « Faber et Mazlish » de ma réponse, hein!). Et là, le Poo, pas fou, me regarde avec un petit air coquin malin et me dit: « We share? » (on partage?). Comment voulez-vous résister à ça…

J’aime la vue depuis mon bureau: Ces arbres qui changent de couleur et qui me donnent l’impression d’être un peu moins en ville.

J’aime les traces de lumière laissées par nos grandes fenêtres sur ce sol que je n’aime pas trop. Mais quand le soleil brille, même lui, il devient beau.

Pour finir, j’aime ce bouquet qu’on nous a offert il y a deux semaines, que j’ai négligemment jeté dans le premier récipient qui m’est tombé sous la main (un quoi? Un vase?), après avoir consciencieusement coupé toutes les tiges en biais. Ca ne ressemblait à rien, on s’en doute. Mon Homme est passé derrière moi, à tout recoupé, réarrangé. De vase, toujours pas, mais le résultat est là, non?

La photo en en-tête a été prise à Sedona, Arizona, il y a quelques années. 

 

Garlic Bread

Hier fut un dimanche tout chaud tout doux. Bon, en vrai, il faisait bien frais, mais c’était le premier dimanche qui sentait l’automne, les balades qui piquent les joues et le thé brulant qui réchauffe tout au retour.

Mon beau-père était venu passer la journée avec nous et on a donc pu se retrouvés, l’homme et moi, dans cette cuisine que j’aime de plus en plus. On en a profité pour cuisiner pour le plaisir, et pas juste pour se nourrir (parent d’enfants en bas âge, toi aussi, tu sais), et ce fut ma foi bien agréable. On s’est donc offert un petit Garlic Bread à la manière d’Uncle Paul, l’oncle de l’Homme qui nous a si souvent accueillis dans sa maison au milieu des bois, à côté de Woodstock. Maison qui pour moi est le summum du tout chaud tout doux. Mais je m’égare.

Voici donc la recette du Garlic Bread, ou pain à l’ail, servi aux Etats-Unis dans tous les restaurants italiens. Il vous faut:

  • Une baguette. Moi, je la préfère fine parce que j’adore la croute mais aux Etats-Unis, ça ressemble plutôt à une flute!
  • De l’ail et du beurre ou de l’huile d’olive.

Si vous utilisez du beurre, faites-le fondre. Au niveau de la quantité, on a utilisé 4 cuillères à soupe d’huile d’olive, ça vous donne une idée! Ajoutez au beurre ou à l’huile 2 gousses d’ail émincées très finement, au presse-ail c’est encore mieux. Coupez votre baguette en tranches (en biais c’est plus sympa!), mais sans couper complètement (cf photo) puis badigeonner chaque tranche du mélange ail/huile. Mettez-en bien des deux côtés et n’hésitez pas à « racler » le surplus d’ail afin de pouvoir continuer à communiquer avec votre entourage après avoir (discrètement) grignoter la moitié de la baguette.

Passer au four à 180° pendant 5 à 10 minutes.

Déguster.

Sur ce, je vous souhaite une bonne semaine!

La rentrée – deuxième effet kiss cool

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux (sinon, soyez pas timides, allez-y faire un tour, l’icône est à gauche), vous avez déjà dû voir passer cette photo de mon Poo en jogging, jouant par terre avec sa soeur, à une heure où IL AURAIT DU ETRE A L’ECOLE!!!

Deuxième effet kiss cool de l’école, donc: Mon Poo, l’oeil hagard, la toux qui t’ébranle et le nez qui rougit avec la journée qui avance.

Aujourd’hui, jeudi 14 septembre 2017, ma journée fut rythmée par:

« Aaaatchoum! »

Blanc

 » Mamaaaannnn!! J’ai besoin d’un mouchoir!!! »

Nous avons donc beaucoup lu, et j’en profite pour vous présenter les hits du moment:

En anglais, les Richard Scarry. Il y a plusieurs niveaux de lecture, les illustrations étant tellement fouillées qu’on peut s’en contenter. Je pense quand même qu’un enfant découvrant l’anglais à l’école par exemple n’aura pas accès au texte.

 

 

 

En français, on cherche systématiquement un « Petit poilu » à la bibliothèque, BD sans parole que lisaient mes CE1 et dont le Poo raffole (pour vous dire que c’est un investissement rentable!). Et puis, lors de notre dernière virée à la bibliothèque justement, il a trouvé un Yakari qu’il me demande depuis de lui lire en boucle. Il est fasciné par cet univers, par les animaux, par Petit Tonnerre.

 

Il a aussi, dans le désordre: coller des gommettes, fait un gâteau, fait des crêpes, dessiner, sauter sur place, couru partout, fait rouler la boule en plastique si bruyante environ 15 millions de fois APRES que je lui ai demandé d’arrêter (rapport aux voisins du dessous, voyez), écouter des histoires, des CDs de comptines…

Article écrit à quatre mains, ou plutôt envers et contre ma Puce, qui doit trouver que partager un bout de fauteuil avec sa mère et son ordinateur est bien plus funky que de dormir dans son lit!

 

J’aime #3

Alors déjà, en toute honnêteté, full disclosure, tout ça, tout ça, j’aime BEAUCOUP très fort avoir 1h30 à moi le matin quand le Poo est à l’école et que la Puce dort. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup (oui, maintenant, vous l’avez dans la tête, ne me remerciez pas). J’avais bien pensé que ce temps « offert » par l’école allait me permettre de faire deux/trois trucs, mais je n’avais pas envisagé que cet espace matinal ouvrirait tant de portes. C’est difficile à expliquer, mais je me sens revivre, un peu, quand même.

J’aime l’odeur de mes enfants au réveil de la sieste. Je glisse mon nez dans leur cou et je m’enivre. Ca ne dure pas longtemps, hein, mais les rares fois où le réveil est bancal et où le câlin s’éternise, je fais le plein.

J’aime les feuilles qui commencent à crisser sous les pas, l’air qui se rafraichit, les couleurs qui changent imperceptiblement. Et les premières courges! D’où la photo d’en-tête, prise il y a quelques années upstate New-York. Je triche un peu, donc.

J’aime découvrir, en transférant les photos de mon appareil sur mon ordinateur, des merveilles prises par l’Homme, à mon insu. Vous savez, LA belle photo, celle qui a tout. Bon, souvent, en plus, ce sont mes enfants, ce qui ne gâche rien…

Celle-ci n’a pas été prise à mon insu, et ce ne sont pas mes enfants, certes, mais je voulais vous en mettre plein les yeux, alors…

J’aime l’autonomie dont la Puce commence à faire preuve. Elle rampe maintenant, et il me suffit de l’installer au milieu des jeux de son frère (oui, sinon, c’est pas drôle) et elle peut y passer un temps fou. Et puis de temps en temps, elle lève la tête, me cherche du regard, me trouve et se marre. Du bonheur en barre.

Première rentrée

Je suis lancée sur l’école, je continue!

J’y reviendrai (peut-être) (ou pas) mais je me suis BEAUCOUP posé la question de la scolarisation de mon fils. Pour des raisons très variées, allant du manque d’espace à cette notion d’apprentissages autonomes (je fais du teasing pour un prochain article, vous le sentez, là?).

J’ai effectué son inscription la boule au ventre, j’ai douté, douté encore, et puis le jour J est arrivé.

Tout ce que je peux dire, après quatre matinées d’école (!), c’est que mon Poo a l’air heureux d’y aller et surtout, surtout, je crois qu’il apprécie énormément ce lieu à lui. Il parle de « SON école » avec un sérieux touchant. Et je me faisais la réflexion cet après-midi, en le regardant se balader dans la forêt (ben oui, l’après-midi, je compense le bitume du matin!) qu’en seulement quatre matinées, mon regard sur lui avait changé. Parce qu’il a son monde à lui justement, il a grandit d’un coup, je ne le regarde plus de la même façon. Et c’est plutôt agréable.

 

Ah! L’Ecole….

Un petit billet du lundi pour rebondir sur le documentaire « Une idée folle » qui était en accès libre sur le site du monde ce week-end.

Dans Une idée folle, ce n’est pas une école en crise que montre la réalisatrice, Judith Grumbach, mais des enfants heureux, des enseignants épanouis, engagés, ayant à cœur de montrer que bienveillance et exigence ne sont pas deux valeurs opposées, contrairement à ce que des discours simplistes sur l’école laissent entendre aujourd’hui. (extrait du site du Monde)

Je ne pense pas être une enseignante exceptionnelle, dans le sens « qui relève de l’exception ». Je n’ai enseigné qu’en REP en France, mais j’ai aussi travaillé six ans aux Etats-Unis, dans trois établissements très différents, dont deux privés, accueillants donc des familles plutôt aisées. Partout (à quelques exceptions près), je n’ai rencontré que des gens qui avaient à coeur le bien-être de l’enfant dans l’école, sa progression. J’ai découvert à la FASNY la pédagogie positive, dont j’ai ramené des morceaux en France avec moi (la résolution de problèmes, entre autres). A Villeurbanne, en REP, nous nous sommes bien creusés la tête pour améliorer les échanges entre élèves, et nous avons pioché de ci de là des solutions, empruntant entre autres à la Communication Non Violente.

Tout ça pour vous dire que rien de ce qui était présenté dans le documentaire que j’ai visionné ce week-end n’était nouveau pour moi. C’était presque agréable, je me suis sentie validée dans mes choix d’enseignante, mes choix pédagogiques et humains.

Sauf que « Une idée folle » présente tous ces choix comme étant l’exception, comme étant la découverte de ces neuf écoles, publiques ou privées, qui révolutionne(raient?) le monde de l’école aujourd’hui. Je trouve très positif que ce que toutes ces écoles mettent en place soit donner à voir à tous. Mais quelque part, cela sous-entend je crois que les autres établissements fonctionnent différemment, ne mettant pas l’empathie, la bienveillance et le partage au centre de leurs projets pédagogiques, éducatifs.

La bonne nouvelle, c’est que l’on peut espérer que ce genre de documentaire, comme le travail de Céline Alvarez (dont je n’ai pas lu le livre mais qui, je crois, avait reçu le même type de critique), puisse faire bouger l’institution. Parce que le discours que j’ai entendu dans la bouche des enseignants d' »une idée folle », à la « quand on veut, on peut », n’a pas l’air de tenir compte du fait que tout ce travail doit se faire en parallèle des programmes et de toute la charge administrative qui pèse aujourd’hui sur les enseignants.

Bref. Il faut que les choses bougent, il faut que l’école change, oui. Que l’institution change, surtout, je crois, qu’elle évolue. Et qu’elle soutienne le travail de tous ces enseignants qui cherchent quotidiennement des solutions pour que leurs élèves aient le sourire le matin sur le chemin de l’école.

Et vous, parents, avez-vous de l’école une image positive, d’un lieu préparant avec bienveillance vos petits ou grands au monde de demain?

Et vous, les enseignants qui avez visionné ce docs, vous en avez pensé quoi?

 

La traversée de l’Atlantique (2)

Cet article est en attente depuis 2 mois, je m’excuse platement de vous avoir fait languire avec la suite de nos aventures mais c’est que, voyez-vous, je ne dormais pas. En tout cas, pas suffisamment  pour reprendre le clavier. C’est terrible, le manque de sommeil. Je sais, j’ai encore le cerveau dedans… Allez, je vous raconte la suite de notre périple.

Où en étions-nous…??

Ah oui, il était 10h et nous embarquions dans un Airbus en direction de Boston, avec un Homme Ombre de lui-même et deux enfants (très) petits.

10h40 – Décollage. Le Poo s’endort. La Puce se réveille.

11h20 – Le Poo se réveille, rafraichit, revigoré même, par sa sieste éclaire (insérer des sanglots).

Les heures qui suivirent ne sont plus que brouillard dans ma mémoire. L’Homme s’est remis peu à peu de son malaise et on s’est échangé les enfants pendant les sept heures qui ont suivies: Nous avons passé sept heures debout donc. J’ai même le souvenir un peu flou d’avoir porté le Poo dans l’Ergobaby tandis que la Puce était dans l’écharpe sur le ventre de son papa et que nous nous croisions dans l’allée devant les toilettes (glamour, glamour…). Ca n’a pas pris, hein. L’enfant premier est resté bien éveillé.

12h20 (heure locale) – Atterrissage à Boston. A ce stade, l’Homme et moi alternions entre des phases de zombies totales, genre j’ai mal au sommeil, et des phases de « Non, mais en fait, ça va, je gère super bien, là, t’as vu ». On a profité de la deuxième phase pour trouver le bus en partance pour Woods Hole (vert, le bus, bien repérable par un Poo, donc).

13h30 – Dans le bus. « Il a 3 ans, il n’a dormi que 4h dans les dernières 24h, le bus, ça va l’achever, c’est clair! ». Alors, non. Sa mère, par contre, elle, oui, ça l’a achevé, le bus.

15h30 – Arrivée à Woods Hole. On va prendre le ferry!!! On y est presque!!! J’aperçois même un lit dans le lointain…

16h – Ferry. J’avoue, moi, là, j’ai baissé les armes. Je me suis réfugiée à l’intérieur, la Puce dans l’écharpe (l’excuse ultime: « Non, mais je peux pas rester dehors à découvrir le bateau avec le Poo, il y a trop de vent, là, tu vois. »). Merci Chéri.

 

16h45 – Nous arrivons à Martha’s Vineyard. PLUS QUE 45 minutes de voiture, oui, oui, vous avez bien lu. Là, merci à ma Belle-Mère, qui est venue nous déposer sa voiture à l’embarcadère pour qu’on puisse partir tout de suite, et accessoirement ALLER SE COUCHER (il est 15h). Le Poo ayant enregistré dans sa petite tête blonde que la voiture de Nana était la dernière ligne droite, pour lui, je crois, ça y est, on y était. La tête à peine posée dans le siège auto, il dormait déjà.

17h45 – ON Y EST!!! Reste plus qu’à faire les lits et à se jeter dedans!!

La suite du séjour fut sportif… Entre le décalage horaire de la première semaine, la roséole de la Puce la deuxième semaine, sa toux qui nous a valu un appel à notre pédiatre en France et du CELESTENE (Oui, oui, rebelote) la troisième semaine, nos nuits ont vaguement commencé à ressembler à quelque chose quelques jours avant le départ. Avant, donc, qu’on ne leur remette 7 heures de décalage horaire dans la tête…

Juste pour le fun, comme disent les canadiens, le lit improvisé de la Puce: Un tiroir de commode posé sur 2 chaises. On a fait ça partout pendant notre voyage, ça a bien fonctionné!

Ceci mis à part, on en a vraiment bien profité, et surtout, le Poo s’est éclaté.

Et pour ce qui est de son anglais, il comprenait tout, mais a continué à répondre en français quasiment jusqu’à notre retour. Par contre, une fois à la maison, il était totalement bilingue (Ô joie!). Il jouait seul en anglais, avait des conversations avec nous… Son vocabulaire est plus pauvre qu’en français, mais les phrases sont construites et il continue de parler anglais encore aujourd’hui, quelques mois après notre retour.

La traversée de l’Atlantique (1)

Ola, Ola bonnes gens!

Je m’en vais aujourd’hui vous raconter notre long périple qui nous amena de Lyon, France, à Chilmark, Martha’s Vineyard, USA (oui, j’ai fini par avoir mon visa!!), pour une durée totale de… 22h de voyage.

Avant toute chose, poser le décor: La puce a commencé à tousser le vendredi précédent notre départ. Je la sentais moyen, donc direction pédiatre (antécédent de bronchiolite, départ imminent dans un pays où les soins médicaux sont, comment dire… joker?). Et là, c’est le drame: 4 jours de celestene. Pour ceux qui ne sauraient pas, le celestene est un corticoide. Un excitant, quoi, hein, bon. Donc en gros, 3 jours avant de partir, j’ai commencé à donné à ma fille l’équivalent, au choix, d’un bon café ou d’un rail de coke matin et soir. Sur un week end où mon Homme était en déplacement. Ben oui, sinon, c’est pas drôle. J’ai donc dormi environ 5h grappillées ça et là les deux nuits précédent notre départ.

Sachant qu’on devait se lever tôt (euphémisme), on avait prévu de coucher tout le monde tôt la veille. Mais pas avant d’avoir fêter les 3 ans du Poo en famille. Vous avez déjà essayé de coucher un enfant de 3 ans à qui on vient d’offrir plein de superbes et magnifiques cadeaux? Dont un tracteur playmobile???? La veille d’un voyage dont on lui parle depuis des semaines?? Ben nous, naïfs, on a essayé. On a échoué, hein, paniquez pas. On est des super-parents, on a les capes, les masques, les collants et tout et tout, mais pas à ce point là, non. Le Poo a du s’avouer vaincu vers 23h, la Puce vers minuit et demi. Je me suis effondrée. Quand…

3h30 – Une douce main me caresse le visage. Ca fait combien de temps que ça ne m’était pas arrivé? Je dois rêver. Je me rendors. La main insiste. Une voix, dans le lointain, m’incite à me bouger la fesse gauche parce qu’il faut y aller, là, Elo, hein. Pas un rêve, donc. 3h de sommeil, nickel. Si on se connait, vous devez savoir à quel point je rayonne avec moins de 8h de sommeil…

3h45 – Mon père, ce saint homme (3h45 DU MATIN, oui, oui, il est comme ca), arrive pour nous emmener à l’aéroport. On jette dans la voiture une Puce endormie et un Poo bien réveillé et on part.

4h30 – Aéroport endormi. On enregistre les bagages, on décide de garder la poussette dans laquelle un Poo toujours bien réveillé fait la conversation. L’Homme flanche, m’annonce qu’il se sent un peu flou et qu’il va aller s’assoir un moment. Bon. Bien. Alors… Je finis l’enregistrement, et je le rejoins, la Puce sur le ventre en Ergobaby, le Poo droit comme un I dans la poussette. Et là je vois se diriger vers moi l’ombre de mon Homme. C’est toujours lui, mais en un peu plus jaune, tu vois. Ou blanc. Je panique mais n’en laisse rien voir (je suis comme ça, moi), je l’invite à se rassoir tout en visualisant intérieurement le voyage à venir, que le Poo nous présente tous les matins depuis quelques semaines (la voiture avec papi – un petit avion – un gros avion – un bus – un ferry – la voiture de nana. Oui, vous avez bien lu. Non, nous ne sommes pas fous. Ou…?) Bref. L’Homme semble se remettre, nous passons la sécurité.

5h30 – On embarque. Le Poo n’a toujours pas fermé l’oeil. La Puce dort dans le porte bébé. L’Homme est plus frais. Allez, on y croit.

6h10 – décollage. Le Poo entre nous, ses mains dans les nôtres, l’oeil au hublot, ça va le faire.

Entre le petit déjeuner et la découverte de l’avion, le vol se passe plutôt bien. La Puce dort.

7h30 – Atterrissage. On récupère la poussette (ça, c’est vraiment très très cool, quand même. Tu laisses ta poussette aux portes de l’avion, ils te la rendent à l’arrivée) et on cherche le vol suivant.

8h – Douane. Je ne sais pas pourquoi, mais l’Homme et moi, on se retrouve chacun dans sa file, lui avec le Poo, moi avec la Puce. J’arrive devant le douanier  avec dans les mains tous nos passeports (ben oui, tous. L’Homme et les enfants ont chacun 2 passeports, ce qui nous fait donc 7 passeports en tout), et je sens qu’il me regarde bizarre. Je me mets à chercher dans le tas mon passeport et celui de la Puce, le français. Je les lui tends et il me demande si elle a son ESTA, je lui tends alors son passeport américain. Je sens la perplexité s’installer. J’explique que mon mari est américain et que ce sont ses passeports dans ma main. Et le douanier de chercher ce mari des yeux, complètement perdu. Bref, ils ont fini par me laisser passer.

8h30 – sécurité américaine. L’Homme se sent de nouveau mal. Je me présente donc devant le Gentil Américain de la Sécurité avec un Poo dans la poussette, une Puce sur le ventre, un sac à dos dans le dos, une valise à roulettes et… un Homme assis sur le chariot à bagages. Je ne le poussais pas, hein, faut pas exagérer non plus, mais il n’était vraiment pas bien. Questions d’usage, on passe.

8h40 – L’Homme s’effondre sur une chaise, je laisse la Puce endormie dans la poussette avec lui et on va se balader avec le Poo. On a passé une bonne demi heure cachés derriere des escaliers devant une fenêtre, moi somnolant et lui regardant les yeux brillants les avions aller et venir. J’avoue que ce fut l’un des meilleurs moments de ce voyage. La lumière dans ses yeux, c’était juste magique.

9h30 – On croise l’Homme. Il m’annonce qu’il se sent vraiment mal et qu’il va essayer de voir un médecin. A l’aéroport d’Amsterdam. 20mns avant d’embarquer. On prend une grande inspiration…. et on se détend… Voilaaaaa… La Puce dort toujours dans sa poussette, c’est toujours ça de pris. On fait quelques aller-retours avec le Poo sur les tapis roulants (meilleure invention du siècle pour occuper les enfants petits, à mon avis!) et on voit revenir l’Homme! qui a réalisé que le médecin était trop loin et que ça n’allait pas le faire.

10h – On embarque. Je vous laisse imaginer la tête du gentil monsieur assis sur le quatrième siège quand il nous a vu arriver…

TO BE CONTINUED…

 

Lettre ouverte au pouce de ma fille

Très cher Pouce,

Il y a longtemps, dans une autre vie, ma Puce pleurait, beaucoup. Elle aimait mes seins, beaucoup. Elle y passait de longues heures, à se réchauffer, à se rassurer, à découvrir ce nouveau monde du bout des lèvres, du bout des doigts, mais toujours depuis le fond de mon décollé.

Elle avait du mal à trouver le sommeil, ma fille. Elle se débattait dans mes bras le soir, elle se tordait de douleurs inexpliquées que je n’arrivais pas à calmer.

Et puis tu es arrivé.

Je pense qu’aujourd’hui, elle te suivrait jusqu’à la lune et au-delà, ma Puce.

Merci. Du fond du coeur.